Proposer des temps de déconnexion (suite)

Alors que lors de la journée de pré-rentrée notre direction nous parlait de  droit à la déconnexion, j’ai proposé un module que j’ai intitulé « déconnexion-reconnexion », à destination d’ élèves de sixième, sur des heures d’accompagnement personnalisé. Nous l’avons inclus également  dans le cadre du parcours éducatif de santé. Ces séances ont permis, de façon plus ou moins explicite, de mettre à distance  le rapport des élèves au numérique au lieu d’en être simplement des utilisateurs.

Les élèves ont commencé par dresser la carte mentale de leurs capacités puis celle de leur manque d’attention. Sont venus ensuite des temps de relaxation guidée ou de méditation construits à partir du livre « Calme et attentif comme une grenouille » : exercices de respiration simple qui aident peu à peu à se recentrer sur l’instant présent et à prendre du recul par rapport à l’agitation et aux pensées encombrantes, parfois envahissantes. En parallèle nous avons fait des petits exercices pour se rendre compte du fonctionnement de notre attention.

Apprendre à gérer sa fatigue de l’attention, son rapport au stress, réaliser où est centrée l’attention s’entraîner à consacrer un petit moment rien qu’à soi, est très utile pour les élèves. Ils se sont rendu compte que  l’attention est volage mais qu’il suffit d’en avoir conscience pour la rattraper. Quelques mythes portant sur le fonctionnement du cerveau et de la mémoire ont été discutés.

Ressources :

–       le livre Calme et attentif comme une grenouille de Eline Snel

–       Le cerveau attentif de Ph. Lachaux.

–       les cours en ligne d’Eric Gaspar.

La déconnexion comme composante de l’EMI

Ces séances s’inscrivent ainsi pleinement dans l’EMI : comprendre son environnement informationnel, comprendre et verbaliser son rapport aux outils numériques. Savoir se déconnecter relève autant d’une éducation au niveau individuel que collectif. Chacun devant prendre conscience que nos actions en ligne induisent d’autres actions.

Ces temps de déconnexion pour autant ne m’ont pas satisfaite pleinement. D’abord parce que 4 ou 5  séances ne suffisent pas pour mettre réellement les élèves dans une dynamique durable, même si certains d’entre eux m’en parlent plusieurs mois après la fin de ces séances. Ensuite parce qu’un tel projet devrait pouvoir être porté en équipe, et repris régulièrement dans les cours, à chaque fois que l’attention des élèves s’échappe. Et enfin parce que la déconnexion, loin d’être en opposition avec la connexion, permet au contraire de mieux la conscientiser, de mieux la cerner.

 Ces séances ont été proposées en lien avec l’aménagement d’un espace au CDI du CDI où des coussins, tapis, mais aussi des tiroirs auto-gérés de loisirs créatifs (origami, marques pages, coloriages et autres mandalas), des jeux (certains gratuits à imprimer) et même un piano permettent à chacun de trouver sa place au cœur du CDI, de dégager du temps pour se relier aux autres, tout en créant d’autres formes de liens, les plus grands devenant tuteurs et médiateurs auprès des plus petits. L’achat de documents  tels que coloriages géants, livres-jeux, livres à mandalas, puzzles vise à diversifier les propositions faites au sein du CDI pour développer d’autres compétences

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2 commentaires sur « Proposer des temps de déconnexion (suite) »

  1. Bonjour,
    Dresser la carte mentale de ses capacités et de son manque d’attention ça ressemble à quoi ?
    Comment s’opère l’articulation avec l’EMI ? S’agit-il d’un temps réservé à des activités de relaxation et de reconcentration à la fin d’une séance de recherche sur PC pour relâcher la tension acquise face à l’écran ?

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  2. Bonjour et merci pour votre commentaire. Sur la question du temps c’est sur un temps d’AP en lien (plutôt en parallèle) du cours de français parce que ma collègue est aussi sensible à cette approche.
    Pour la question de la carte voici quelques « réponses d’élèves.
    « Je manque d’attention quand » : je me laisse distraire par une trousse qui tombe, le train qui passe, un ami qui bavarde, quand je pense à mes amis, quand je pense à mon match de foot, quand j’ai faim, quand je suis stressé.
    « J’arrive à être attentif » : quand je lis un livre que j’aime, quand je fais de la natation, quand je fais ma choregraphie de danse, quand je tricote, quand je colorie, quand je fais de l’origami, quand je fais un devoir noté. Bref des réponses vraiment très diverses.
    J’essaie de leur faire verbaliser et ressentir comment ils se sentent dans un cas comme dans l’autre afin d’essayer de pouvoir prendre conscience pendant les cours où ils en sont de leur attention.
    Sur la forme de la carte, elle a été laissée « libre » (mais format A3 papier) à chaque élève déjà habitué à l’usage des cartes mentales. Elle a pris place dans le classeur parcours.
    J’espère avoir répondu à vos questions.

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